La fin de la ségrégation: un nouveau tournant pour le cinéma américain

L'image des noirs enfin valorisée


Avec la fin de la Ségrégation en 1964, la
situation entre les noirs et les blancs Américains semble s'arranger. Cependant l'assassinat de Malcolm X en 1965 et plus tard celui de Martin Luther King en 1968 vont totalement bouleverser le cours des choses.
Ces événements tragiques vont entrainer la colère de nombreuses personnes de couleur allant jusqu'à provoquer des émeutes.

Une partie de la population de couleur se radicalise. Des films militants mettant en scène des personnages de couleur proches de la réalité apparaissent : If He Hollers, Let Him Go de Charles Martin (1968), Point noir (1968) de Jules Dassin, Esclaves de Herbert J Biberman (1969), On n'achète pas le silence de William Wyler (1970), L'Insurgé de Martin Ritt (1970).

La communauté afro-américaines proclame même le Black Power c'est à dire "le pouvoir des Noirs". Ils ne veulent plus se soumettre aux règles imposées par les Blancs aux états unis. Ils désirent se créer leur propre identité. Une fois le Black Power proclamé, l'on constate un véritable retour aux racines africaines.
C'est dans cette ambiance qu'un nouveau cinéma afro-américain voit le jour.

La Blaxploitation

Dans les années 70, un nouveau genre cinématographique apparait :
La Blaxploitation . Lancée par les studios hollywoodiens pour valoriser l'image
des noirs américains, ce genre est créé en premier lieu pour toucher un nouveau
public et donc en tirer de nouveaux profits. C'est la première fois que les
noirs américains voient a l'écran quelqu'un qui leur ressemble, qui parle comme eux, qui s'habille comme eux et qui est un héros.

 Les films de la Blaxploitation étaient en général réalisés par des personnes de couleur pour des personnes de couleur. Ce genre marque un tournant dans le cinéma afro-américain car il est lié aux revendications politiques et aux préoccupations identitaires de la communauté afro-américaine des années 70.

 La Blaxploitation reprend tous les genres cinématographiques : les
films policiers, d'horreur, d'arts martiaux, de western, d'espionnage, de
gangster, politiques ou comiques. Ces films traitent souvent de sujets comme la
prostitution, la drogue, la violence sexuelle, le racisme de la police et la
corruption. Ils deviennent les porte-parole de la communauté afro-américaine.

Un nouveau type de personnage est montré à l'écran, il s'agit de l'Homme noir endossant le rôle du héros victorieux et conquérant. Il est décrit comme fort, viril, courageux et avide de revanche raciale et sociale. Nous sommes loin ici des traditionnels stéréotypes qui collaient à la peau des noirs.

En 1970, un film précurseur de la Blaxpoitation est créé. Il s'agit de Cotton Comes to Harlem, il est réalisé par Ossie Davis qui est un acteur, réalisateur et un grand militant du Mouvement
des droits civiques. C'est une adaptation au roman de l'auteur
noir américain Chester Himes, Retour en Afrique. Aussi bien que dans le livre, le film décrit un Harlem violent où l'on retrouve les mêmes sujets

abordés que dans les films de la Blaxpoitation: la prostitution, la drogue et la pauvreté. Malgré cela on remarque que ce film est ponctué par une perpétuelle joie de vivre. On y
retrouve également une forme de résistance contre le système injuste de l'époque.


 

Le premier film appartenant réellement à la Blaxpoitation est Sweet Sweetback's
Baadasssss Song réalisé en 1971, par Melvin Van Peebles. C'est le film afro-américain qui a popularisé le genre. Le film est principalement centré sur
le sexe et la violence, son sujet
principal est la résistance à la société blanche.


Le héros Sweetback est joué par le réalisateur lui-même. Il agit comme étant un justicier notamment contre les policiers blancs qui frappent sans raison un militant noir.
Melvin Van Peebles
Melvin Van Peebles

Le héros refuse d'appartenir à ce système injuste qui le révolte. La dernière
phrase du film confirme le message qu'il dégage : « WATCH OUT a baad asssss nigger is coming
back to collect some dues... »   (« Faites gaffe un sale cul de nègre va revenir pour prendre sa part...») .

Ce film est classé X à sa sortir en raison de ses scènes érotiques et de son
discours racial. Melvin Van Peebles a créé un film victorieux afin qu'aucun
noir ne puissent en avoir honte, mais qu'ils en soient fiers. 

Tout est mis en œuvre dans ce film pour qu'il fasse parti d'un des films les plus engagés de la blaxpoitation. En 2003, le
fils de Melvin Van Peebles, Mario réalise un documentaire qui retrace toutes les difficultés auxquelles son pére a du se confronter lors du tournage du film.
Entre le manque d'argent, les menaces et hostilités des syndicats et le manque
de soutien des studios hollywoodiens, le documentaire nous montre que ce
premier film de la Blaxploitation a pu voir le jour grâce à la solidarité de la communauté afro-américaine. Après Sweet
sweetback's badasssss Song, plusieurs films se sont imposés comme étant des films essentiels du genre de la Blaxploitation.


Image du film Shaft, 1971
Image du film Shaft, 1971

Shaft est un film sorti en 1971 dans lequel le héros est un inspecteur charismatique vivant à New York.

Il y a également le film d'horreur Blacula en 1972. Ce film raconte
l'histoire d'un roi africain qui est accueilli en Europe chez le comte Blacula lui-même, qui devient vampire et aterri aux États-Unis.

Dans The Black Godfather sorti en 1974, un jeune gangster noir monte une armée pour devenir le nouveau « parrain » de son
quartier.


Les personnages des films de Blaxploitation évoluent principalement dans l'univers
des ghettos urbains. Ils sont souvent justiciers, dealers ou mafieux. C'est la première fois que ce style de vie est représenté dans le cinéma. La culture urbaine ainsi que ses
richesses et ses problématiques sont misent en avant. New York est la ville la plus représentée de la Blaxploitation. Vient ensuite Los Angeles, la côte ouest des
États-Unis représente tout le glamour et l'excentricité de la culture Funk.


Enfin, la musique est l'un des principaux éléments de la Blaxploitation. En effet, de nombreux films
se sont imposés grâce à leur bande originale. La musique soul et funk permet
surtout de montrer au public la culture afro-américaine qui était jusqu'ici

ignorée.

Grâce à ses films, Il n'est plus possible pour les blancs de passer à côté d'une
communauté longtemps dénigrée et totalement effacée de l'univers social
américain. Que cela soit des films de western allant jusqu'à des films
d'horreur, tous les genres sont mis à la sauce blaxploitation.

Cependant avec l'arrivée des blockbusters, les films de la Blaxploitation sont rapidement
éclipsés en 1975.


Page 4/13

© 2015 TPE |  Image des noirs au cinéma
Optimisé par Webnode
Créez votre site web gratuitement ! Ce site internet a été réalisé avec Webnode. Créez le votre gratuitement aujourd'hui ! Commencer